Budget fédéral: Une fraude et une tromperie

En quelques mots, voilà la nouvelle consigne que donne le gouvernement Trudeau à une « classe moyenne » à qui on aura redistribué l’argent des autres. Dépensez! Même si c’est de l’argent emprunté. Dépensez, calvinsse! On compte sur vous pour « dynamiser » l’économie, pour augmenter la croissance économique. Si le chef de la CAQ est cohérent ce matin, il devrait approuver ce budget. N’est-ce pas ce qu’il suggérait récemment: de redistribuer de l’argent emprunté à la classe moyenne? Je dis ça de même…

Mais revenons au Canada. Virage, vous dites? Moyen virage! 113 milliards $ de plus sur la dette en 5 ans! Et un énorme pari. Au lieu de miser sur les créateurs de richesse (notamment sur les PME), on mise à court terme sur la classe moyenne qui dépensera les sommes qu’on va lui redistribuer. On oublie donc les efforts et les sacrifices de la dernière décennie pour assurer un équilibre budgétaire. Désolé pour ceux qui en ont souffert. On oublie également les promesses aux PME de diminuer leur fardeau fiscal.

Des économistes cocus 

On oublie presque les projets d’infrastructure de grande envergure (vous vous souvenez du PLAN?) promis en campagne électorale. En effet, selon le Globe and Mail, seulement 11,9 milliards $ des 52,3 milliards $ de dépenses supplémentaires sur 5 ans iront à de réels investissements en infrastructures.

En clair, les économistes ont été confondus! Tsé la gang qui trouvait qu’il était « stupide » d’obséder sur les déficits? Et le Globe le reconnaît ce matin. C’est ça que ça donne de faire campagne pour des déficits et d’autoriser moralement et intellectuellement un État à dépenser sous de fausses prémisses. N’apprendra-t-on jamais? Si cet ensemble d’économistes qui faisaient tant pression pour augmenter l’endettement étaient honnêtes ce matin, ils avoueraient, comme le Globe and Mail qu’ils ont été trompés!

And on balance, the idea of increasing government borrowing temporarily, taking advantage of low interest rates, is something most economists favour. However, the fact that the bulk of the money is going to spending, not investment, and ongoing programs, not one-off infrastructure, gives the budget a different colour. The rhetoric has been about harnessing deficits to invest in the future. That’s not entirely the reality.

Bref, Canada is back… and it’s spending!

Under the Liberals, the era of Big Government, or at least of a government that wants to get bigger, has returned.

For example, over the next five years, annual spending on benefits to the elderly will rise by nearly $15-billion – from $45.6-billion in 2015-16 to $60.1-billion in 2020-21. Annual payments for children’s benefits will be $4-billion higher five years from now. Employment insurance spending will be nearly $3-billion higher. Health transfers to the provinces will be $8-billion a year higher, and five years from now, the feds will be sending $2-billion extra to the provinces under the Canada Social Transfer, and $3.4-billion more under Equalization. – Globe and Mail

J’écoutais ça hier et la première réaction qui m’est venue est de constater la portée des dépenses de programmes. Nous pénétrons dans le monde des « infrastructures sociales », voyez-vous. Et il s’agit ici bel et bien d’un accroissement des dépenses phénoménal. Des dépenses récurrentes, donc structurelles. Selon le chroniqueur politique Andrew Coyne, « la plus grande croissance des dépenses en dehors d’une période de récession – au-delà de l’inflation et de la croissance de la population – depuis les années 1972-1973 ».

« On dépensera globalement 53,2 milliards de plus qu’aujourd’hui à la fin du mandat libéral », selon Michel Hébert (dont 21 milliards en dépenses de programmes). Des dépenses d’épicerie qui s’ajoutent à la dette, selon Mario Dumont.

On comprend donc pourquoi le gouvernement Trudeau a carrément abrogé la Loi fédérale sur l’équilibre budgétaire. Concept dépassé, faut-il le croire. Mais cela dit, on fait comment, après ça, pour revenir à des budgets équilibrés? On coupe des programmes? On s’excuse d’avoir dépensé l’argent qu’on n’avait pas? Bien sûr que non. On connaît la réponse. On augmente les taxes et les impôts. Attendez-vous à cela: une belle augmentation de TPS d’ici quelques années. À peu près la seule chose que le gouvernement Trudeau n’a pas annulé des années Harper. Ça viendra… rassurons-nous.

Prémisses frauduleuses

L’autre constat tout à fait intéressant ce matin nous vient également de Andrew Coyne qui s’est penché sur les prémisses à la base du budget. Ces prémisses sont clairs dans les premières pages du document. Un, les revenus de la classe moyenne sont stagnants et deux, il y a une augmentation dans les écarts de richesse.

Or, tout cela est faux, Selon Coyne, les libéraux mentent à propos de la stagnation des revenus de la classe moyenne et des écarts de richesse. Dans les 2 dernières décennies, le revenu médian des ménages a augmenté de 20% après inflation. N’avait-on pas vu le New York Times envier la classe moyenne canadienne récemment? De deux, la part de revenus que s’accapare le top 1% décroît depuis 2006. En fait, elle n’est pas plus élevée qu’en 1998. Ça, on n’en parle nécessairement pas au Québec.

Ce qui lui fait dire ceci: Les Libéraux ont pondu un budget des années 70 pour régler des problèmes des années 80. Pire, les prémisses à la base du budget Trudeau ne sont rien de moins que frauduleuses. Ça aussi, vous risquez de ne pas l’entendre.

Deux petites notes

Par honnêteté intellectuelle, il serait peut-être temps pour les commentaires politico-économiques de cesser de qualifier de « ambitieux » ou de « courageux » un endettement de 113 milliards $. Le ratio dette/PIB aura beau rester stable, mais ça, c’est à la condition qu’il n’y ait pas de récession. À la condition aussi que les taux d’intérêt n’augmentent pas. À la condition sur les effets sur la croissance économique des faramineuses nouvelles dépenses (!) que feront la classe moyenne seront réels. Et puis, il arrivera quoi si les prix des matières premières stagnent? Si le résultat concret des politiques écolos se résumait à freiner, sinon interdire, des investissements et des projets prometteurs? Si le choc démographique a des conséquences insoupçonnées qu’on peine encore à mesurer?

Ça commence à faire pas mal de « si », non?

Dernier mot sur Bombardier: Non mais fallait-tu que Bombardier « sente mauvais » pour qu’on n’y mentionne absolument rien dans le budget? En deux mots, c’est pas fini cette histoire-là. Il doit y avoir des Bombardier-Beaudoin qui ne dorment pas trop bien ces temps-ci.

15 réflexions sur “Budget fédéral: Une fraude et une tromperie

  1. Le vrai ratio dette/PIB devrait comprendre les dettes provinciales et même municipales (s’il y a lieu, les municipalités n’ont pas le droit de faire des déficits , en théorie, mais plusieurs sont dans le trou, régimes de pensions par exemple).

    Le ratio serai beaucoup plus élevé que 32%. Trudeau est un prof de théâtre; il est un mauvais acteur et la pièce dans laquelle il joue présentement est bien au-dessus des ses mièvres capacités ainsi que celles de son cabinet incompétent.

  2. Si le fait de dépenser l’argent des autres, et d’emprunter aux générations futures l’argent qui manque, permettaient de créer de la réelle richesse, ça se saurait.

    Le Québec serait très très riche.

    Au contraire, on est pauvre, surtaxé, avec des services de piètres qualités. On est juste très très comblé du côté des fonfons inutiles et syndiqués.

    Ce qui est très ironique, c’est que l’orgie de dépense du PM Trudeau est justement dû à une gestion un peu plus serrée des dépenses publiques par les conservateurs.

  3. Et il y a aussi les dépenses faramineuses pour les autochtones.

    Se budget est un désastre pour l`avenir. Aucun plan pour accroître l`investissement privé au Canada et la productivité des Canadiens(qui est déjà pas trop forte).

    Les libéraux investissement dans la dépendance et la paresse. Et à crédit en plus.

    Un désastre total pour l`avenir.

  4. C’est complètement révoltant!

    Bravo les médias! Pour la diabolisation d’Harper.. même les économistes s’y sont laissés prendre..

    Ils se réveillent maintenant! Ils ont l’air de quoi? De parfaits incompétents sans jugement…

    Et pour en rajouter voilà qu’au Québec « le socialiste assumé » Alexandre Taillefer exige du gouvernement une augmentation du salaire minimum à 15$..

    et Peter Simon’s, dont l’entreprise ne cesse de prendre de l’expansion fait un plaidoyer pour qu’on taxe « Google »…

    « Et si le résultat concret.des politiques écolos se résumait à freiner, sinon interdire des investissements et des projets prometteurs. » Leitao dans son budget n’a-t-il pas eu comme prévision un gros 0 investissement pour l’année qui s’en vient??

    Définitivement le cerveau humain n’était vraiment pas prêt à absorber le flot d’informations qui circulent sur le WEB.

    Cette révolution informatique n’aura-t-elle finalement réussi qu’à crétiniser les populations.

    Il n’y a plus rien à comprendre de ce monde qui régresse au lieu de progresser..

  5. Faut-il être con pour croire que l’argent donné aux familles va servir à améliorer l’économie. Le comble de la connerie est d’ignorer que tous les canadiens sont endettés jusqu’à l’os et que cet argent servira à payer leur solde de carte de crédit. Maudits petits visionnaires libéraux qui en ont que pour le lessivage de cerveau, leur image auprès de l’électorat, leur obsession du pouvoir et surtout leur indécence d’ignorance vincible des réalités économiques actuelles et futures. 30G par année durant 5 ans rendra impossible un équilibre budgétaire avant le prochain concours national de selfie, donc signifiant des hausses d’impôts , de TPS, et d’endettement des générations futures. Mais qu’est-ce que les canadiens ont pensé d’élire des cons de la sorte ? Je suis désolé, mais écoeuré de constater que nous sommes un peuple ignorant des questions économiques et politiques et que nous sommes prêts à confier nos petites économies à n’importe quel imbécile qui vient nous promettre de nous endetter davantage.

  6. Il faudrait se souvenir qu’aux dernières élections les gens ont voté pour ce qu’ils considéraient être la meilleure offre qui permettrait de se débarrasser des conservateurs. Quand on accepte un bouquet, on est obligés de prendre toutes les fleurs qui sont dedans, les belles comme les moins belles.
    En rétrospective, le peuple canadien a rejeté l’autoritarisme et l’isolationnisme des conservateurs, bien plus qu’ils ont acclamé la perspective d’une orgie de dépenses.
    Si les conservateurs se redressent et qu’ils adoptent le progressisme qu’ils avaient abandonné, le règne de Trudeau fils ne sera que d’un mandat.
    Mais en attendant on va en suer une bonne shot!

    • De fait, l’électorat a voté « contre Harper » et non « pour Trudeau ». L’autoritarisme prêté à Harper était davantage une attitude maladroite mais au fond nécessaire pour assainir les finances publiques. Mais notre ignare populo ne voulait rien savoir d’un requestionnement de l’utilisation de nos impôts.

  7. À la lecture de plusieurs commentaires, l’évidence de vos propos témoigne que la population canadienne a eu raison d’apporter du sang neuf et de l’oxygène en élisant un nouveau parti politique pour diriger notre vaste pays. Vous me convainquez qu’il fallait vraiment le changement qui s’est produit. Vous nous démontrez que vous êtes au-dessus de tout, tellement suffisant et imbu de vous-même. À vous lire, toutes celles et tous ceux qui pensent différemment de vous sont des ignorants, des imbéciles, des incompétents, des fraudeurs, des menteurs, alouette ! Place à la diversité… La table est pleine ! Joyeuses Pâques !

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