Bock-Côté qui n’y comprend toujours rien

Voici maintenant Mathieu Bock-Côté qui n’y comprend toujours rien et qui boucle sur des procès d’intention. Pour lui, il y aura toujours les « bons nationalistes » et les « thuriféraires du marché absolument désentravé ». Non mais, il faut reconnaître sa richesse de vocabulaire toujours impressionnante. A fallu que je me rappelle ce que sont les thuriféraires…

Bref, s’il était moins préoccupé par l’avenir du PQ et de l’indépendance du Québec, il comprendrait que ces « thuriféraires » sont ceux qui se désolent probablement le plus du manque de relève entrepreneuriale au Québec et qui sont le plus attristés de cette culture du P’tit Québec qu’on apprend dans nos écoles, nos cégeps, nos universités et dans les pages de nos quotidiens supposément « nationalistes ».

En réalité, la source de ce qui le peine tant est ce qu’il contribue à créer lui-même. En effet, tout est culturel. Et la culture québécoise a produit la honte de réussir (à part la réussite artistique), une gêne de se porter à la défense des individus (nécessairement égoïstes), et une dépendance envers un État dont la fonction est trop souvent de brimer la liberté économique.

Bref, s’il voulait vraiment que le Québec devienne un pays, il faudrait peut-être qu’il réalise que c’est très précisément cette culture du P’tit Québec qui est son plus grand ennemi.

Rien à voir avec un monde où « on créera plus concrètement un individu abandonné, sans patrie, sans maison commune, sans demeure et sans repères, condamné à vivre dans un grand bazar diversitaire, dans une économie de succursales où il ne sera plus maître chez lui. »

C’est une jolie phrase, mais c’est complètement déconnecté (plus particulièrement des jeunes qui n’en ont rien à foutre de cette foutu gêne), contreproductif et une mer de mots qui ferait davantage plaisir au collectif des Borgs de Star Trek (« Résistance is futile ») qu’aux Québécois qu’il veut lui-même charmer et convaincre de réussir un pays.

23 réflexions sur “Bock-Côté qui n’y comprend toujours rien

  1. Bonjour Joanne ! Votre texte m’a fait rire ce matin j’ai failli m’étouffer avec mon café…J’ai presque toujours besoin du dictionnaire à chaque fois que je lis une chronique de MBC (pauvre petite pas assez instruite que je suis ). Imaginez juste un instant que MBC soit désigné par un premier ministre péquiste pour préparer la question du référendum afin de devenir un pays. Ouf ! Le pauvre petit peuple qui devrait voter pour le oui ou pour le non ne pourrait tout simplement pas comprendre la question et par le fait même se voterait un pays qu’il ne veut pas… 🤔

    • Je ne sais pas si c’est de la schizophrénie. Mais ce dont je suis certain, c’est que la croyance en l’indépendance politique du Québec comme moyen de se réaliser complètement comme peuple est passée du projet politique à la foi, pure et simple. Au Québec, on avait la foi en Dieu et en son Église. Tous cela a pris le bord de la poubelle, au fil des décennies, pour être remplacée par la foi dans la force de l’État et son indépendance du méchant Canada oppresseur. Je ne caricature même pas. Cette « foi » fait en sorte qui oui, les vrais souverainistes convaincus à la MBC (et j’en connais d’autres) se comportent en schizophrènes, niant la réalité du pays (le Canada) pour lui substituer l’imaginaire espéré (Québec). Tout cela ne nous fait plus avancer…

  2. Je viens de lire l’article de la Presse+ sur Catherine-Anne Toupin dont la pièce Right Now (wouach en anglais) connait un grand succès à Londres.
    Elle ne donne pas l’impression de vivre dans « un grand bazar diversitaire » et elle avoue que Londres est sa ville préférée. Est-ce possible?
    Voilà une bonne nouvelle qui démontre que ce ne sont pas tous les québécois qui sont disposés à se laisser ratatiner par les propos réducteurs de nos Loïc Tassé et autres Bock-Côté.

  3. Charles Bronfman a vendu ses Expos à des intērêts québécois alors qu’il aurait pu obtenir davantage en vendant à des Américains.. Si un juif anglophone l’a fait pour Montrél, pourquoi un québécois « pure laine » ne l’a-t-il pas fait?
    Les prétextes gouvernementaux et syndicaux évoqués par Mme Marcotte émanent d’une mentalité de droite dépourvue de vision… Le capital, quand on enlève les règles, est sauvage. Il crée des monopoles, écrase les plus faibles… Rappelons qu’il n’y avait guère de classe moyenne avant l’avènement des syndicats et que le travail des enfants à déjà existé chez nous à cette époque pas si lointaine… Pour un Henry Ford qui voulait que ses employés puissent s’acheter un voiture Ford, il y a des dizaines semblables à Wall Mart qui font en sorte que leurs employés ne puissent acheter ailleurs que chez Wall Mart…

    .,

    • Totalement d’accord avec l’utilité des syndicats à un moment où on exploitait cruellement les travailleurs et les enfants. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, ce sont les travailleurs syndiqués qui jouissent des meilleurs privilèges et l’effet de levier espéré sur le reste de la population ne s’est pas avéré. Il faudrait juger des choses en fonction du contexte.

    • Toutes les formes de pouvoir abusent un jour ou l’autre. Duplessis, Trudeau-père pour n’en nommer que deux… Et pourtant, Duplessis a eu sa statue, Trudeau a donné son nom à un aéroport (il est vrai que c’est un aéroport de merde…).
      Dans les clubs de golf huppés où je suis invité à l’occasion, il suffit d’entendre nos représentants de Québec Inc. après deux bières pour réaliser que sans les maudits syndicats, nous serions vite de retour à l’âge de pierre, semaine de 7 à 8 jours ( j’exagère à peine) et travail des enfants….
      Au Mexique, où il ne semble guère y avoir de syndicats, les gens des beaux cartiers ont des barreaux de fer dans leurs fenêtres et des clôtures de huit pieds dans leur cour, avec des tessons de bouteille sue le dessus…
      Nous avons grandement besoin de ces contre-pouvoirs pour maintenir un niveau de vie acceptable chez nous. Évidemment, ce capital sauvage préfère les endroits où il y a moins de contraintes, mais je ne suis pas sûr que ce soit pour le « bien commun »…

    • Et qui est-ce qui offre de la formation en entrepreneuriat ?
      Les entreprises privées thuriféraires qui se désolent du manque de relève ? ou bien les universités et les cegeps (soutenus par le Ministère de l’Éducation ?

  4. Un philosophe fait des ronds de jambe avec la langue pour protéger l’indéfendable surtout quand on voit notre relève de décrocheurs et d’illettrés qui sortent de nos écoles sans savoir leur histoire et écrire ou parler correctement la langue française que veut imposer les Bock-Coté de ce monde.

    Quand on maintien le discours de nos curés d’antan que l’argent est sale et que els anglais ne sont pas des partenaires dans le Canada mais des ennemis qui nous empêche de nous épanouir, faut pas s’attendre à des paroles sensées mais émotives. Les indépendantistes sont les émules du Chanoine Lionel Groulx et ont remplacé les curés qui nous ont maintenu à l’ombre de nos clochers pendant des siècles depuis 1763, année où la chère mère patrie nous a troqué pour une ile des Caraibes. Bock-Coté perpétue la pensée du Chanoine Groulx. pourtant la révolution tranquille devait tout changer…

    Encore une fois le peuple ne connaît pas son histoire et s’abreuve à des sources qui la déforment.

    • Une partie des souverainistes est moderne et héritière de la révolution tranquille mais quand on écoute parler M. Péladeau, on voit l’inspiration des curés car il s’exprime lors de ses discours comme les curés. Bock-Côté fait aussi partie de l’aile curé du PQ et d’autres également. Lucien Bouchard avec ses sermons envers les Québécois a le style et l’austérité du curé catholique. Bernard Landry avec son ton de curé malgré son ouverture sur le monde est un nationaliste à l’ancienne. Seuls Lévesque et Parizeau étaient de vrais libéraux souverainistes.

      Il nous faut un Québec qui assume son statut d’État Nord-Américain car les Québécois et les autres francophones d’Amérique somme une minorité et nous devons mieux nous intégrer dans ce continent car nous limitons actuellement notre potentiel en nous isolant des méthodes et solutions des autres États d’Amérique du Nord. Écoutez l’entrevue de M. Patrick Lagacé avec M. Jeff Fillion, c’est excellent et on y parle du fait que le système de santé du Québec ne marche pas bien en partie parce qu’on ne communique pas assez avec ce qui ce fait dans les provinces anglaises.

      http://www.radioego.com/ego/listen/22001

      Les Québécois doivent devenir bilingue individuellement pour s’ouvrir à l’Amérique et faire prospérer leurs potentiels. Il va falloir mieux enseigner l’anglais et le français dans nos écoles pour y parvenir.

      Les St-Hubert et autres entreprises non subventionnées appartiennent à leurs proprios et non aux Québécois collectivement.

  5. « Fleuron québécois (définition) : Entreprise destinée à être vendu à l’étranger. »
    – Bock-Côté
    « Effectivement, les meilleures quittent et les plus mauvaises s’accrochent aux mamelles de l’état… »
    – Cold Berriganovitch

    Il sera beau notre pays ! Un véritable modèle de réussite étatique…

    • Quand on en est à se plaindre du riche vocabulaire d’un individu, on est drolement dépourvu d’arguments… L’ignorance n’est normalement pas un objet de fierté….
      Pour ce qui est des cours d’entrepreniriat, j’ignore si ça existe… Ça ne me fut jamais offert à mon époque. Mon premier patron ne savait pas lire et parvenait difficilement à gribouiller une signature, mais il dirigeait trois PME. Il avait la fibre entrepreneuriale…. Malheureusement dans les pays colonisés les indigènes sont défavorisés et complexés. Il y a un effort supplémentaire à faire. Beaucoup de nos gouvernants, trop fiers de faire partie de l’élite et fiers d’avoir l’impression de parler d’égal à égal avec les dominants se contentent de leur petit pain et se chargent des sales besognes… Le plus bel exemple étant la loi sur la clarté de Stéphane Dion que pas un anglo n’aurait osé présenter. Il y a aussi le rapatriement de notre constitution, mais on oublie que PET était un anglophone… Bref, c’est toujours un peu plus difficile pour la minorité. C’est désolant de voir nos compagnies à succès passer en des mains étrangères.

  6. C’est difficile pour un peuple qui a carburé pendant des siècles aux Heures Saintes et aux Expositions du Très Saint-Sacrement de devenir des adeptes de la froide logique.
    C’est surtout le cas pour cette partie de la population plus apte aux sentiments qu’à la raison.
    L’EI a compris ça depuis longtemps. Il ne faut pas se surprendre que certains partis politiques exploite cette tendance à leur avantage.

  7. Et qui est-ce qui offre de la formation en entrepreneuriat ?
    Les entreprises privées thuriféraires qui se désolent du manque de relève ?
    ou bien les universités et les cegeps (soutenus par le Ministère de l’Éducation ?

  8. Parce que nous sommes….en 1916…avec Barrès et Mauras, les 2 nationalistes français et modèles de MBC. Ce n’est pas un conservateur mais un réactionnaire, un nostalgique du catholicisme, le plus crasse, allant jusqu’à écrire des chroniques sur ce sujet dans le journal francais Le Figaro. Obsédé par la disparition, la dissolution d’un Québec fantasmé qui n’a jamais existé, la haine du Canada qu’il ne connaît pas, son ignorance abyssale de l’économie, sa haine de la différence, de la mondialisation porteuse dit-il de la dissolution du sentiment national et de tous les maux (mouvement qui existe depuis toujours…que faisait donc les marchands vénitiens…) et en même temps la haine de toute modernité. Je me souviens de ses charges contre Facebook, Internet, l’obligation de s’exprimer à l’étranger (!!!) dans une langue autre que le français, sa dénonciation du Hi,Bonjour à Montréal, ses appels pathétiques et répétitifs à un nationalisme revanchard, à une impossible coalition communiant sur l’autel de la patrie, vers la libération nationale…Autres temps, autres lieux cet homme aurait été un fidèle de Pétain…
    Le tout est accompagné de l’habituelle paranoïa qui est constitutive de la frange la plus attardée et la moins moderne du souverainisme québécois, la menace du complot perpétuel ourdi par les ennemis de la patrie.. les anglophones, des traîtres, les mauvais francophones, des colonisés…
    Lire une chronique de MBC c’est comme en lire 100…

  9. Barrès et Mauras avaient des émules ici au Québec en Lionel Groulx et les nationalistes des années 30-40 qui ont favorisés la fuite du comte de Bernonville condamné en France pour crime de guerre et qui a trouvé refuge ici au Québec protégé par des amis pétainistes influents.
    A ce sujet le livre d’Yves Lavertu « L’Affaire Bernonville » est très révélateur sur cette époque.
    C’est un ouvrage iconoclaste comme je les aime.
    Nos professeurs d’Histoire ne nous ont pas tout raconté.

    • J’étais au courant, l’immigration française au Québec, dans la période suivant la guerre de 39-45 a été le fait des anciens de Vichy, des fidèles du maréchal Pétain, certains condamnés à l’indignité nationale en France, le tout encouragé par le clergé québécois de l’époque.

  10. Excellente entrevue avec Pierre Karl Péladeau à Richard Martineau :

    [audio src="https://gateway.rncm.ca/audios/choi/2016-martineau-le-midi/generated/ce-serait-mieux-pour-la-nation-que-couillard-retourne-dans-le-systeme-de-sante-pkp_2016-04-07.mp3" /]

    Dans mon dernier commentaire, plus haut laissé ici il y a quelques jours j’ai été dur envers M. Péladeau sur son ton comme un curé lors de ses discours par contre, je dois rendre ce qui revient à César en disant que M. Péladeau s’améliore dans ses entrevues et qu’il est de plus en plus posé, est-ce parce qu’il est plus serein sans Julie Snyder ? Il pourra montrer l’exemple qu’il a réussi sa séparation avec Julie comme exemple de séparation réussi et de sa capacité à faire la même chose un jour avec le Québec.

    Je pense par contre, que le PQ va devoir clarifier sa position référendaire en 2018 et dire s’il demande un mandat pour bâtir un Québec fort pendant 4 ans ou un mandat pour faire du Québec un pays souverain. L’option de proposer un bon gouvernement et préparer le terrain dans un deuxième mandat pour l’indépendance serait l’occasion pour le PQ de bien gouverner et de créer les conditions favorables pour créer de la richesse au Québec et donner le goût au Québécois de rapatrier à Québec tous les pouvoirs. Le PQ est le mieux placé dans les sondages pour battre les libéraux. Un mandat de bon gouvernement pour lui permettre d’obtenir un mandat majoritaire dans ce sens en mettant la souveraineté de côté pour un mandat est ce qui devrait éviter un drame au PQ.

    Les souverainistes doivent prouver que le Québec est mieux gouverner que le Canada ce qui n’est plus le cas depuis longtemps avec tous les scandales de corruption dans l’État Québécois. Le Fédéral fait souvent preuve de plus de compétence dans bien des dossiers comme au niveau de Revenu Canada que les gens préfèrent à Revenu Québec. Les Péquistes doivent se réveiller pour changer cela et donner confiance au Québécois de se rallier à l’option souverainiste. La CAQ a affirmé cette semaine qu’elle ne ferait jamais de référendum sur l’indépendance fermant la porte à une alliance avec le PQ. Est-ce que la CAQ peut remplacer le Parti Libéral dans le coeur des fédéralistes, c’est une excellente question ?

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