Port du masque et Équité: vous êtes sérieux, là?

Ceux qui m’ont déjà lue savent combien je suis allergique à tout argument basé sur l’équité, encore plus sur l’ancienneté. J’ai même fait un film, et faut-il le préciser, payé à même nos avoirs personnels qui démontrait la futilité et même la malhonnêteté de baser toute justification de politiques publiques sur l’équité ou pire encore sur la protection des plus vulnérables et une plus grande solidarité sociale. Ce film a fait fureur. Même au Québec, c’est pas peu dire.

Ces discours, si on ne l’a pas encore bien compris, ils sont utilisés par des groupes organisés, des lobbies, des syndicats et des politiciens pour convaincre la population de dépenses publiques qui serviront leurs propres intérêts. Point.

Les uns veulent faire la morale au peuple pour changer son comportement terriblement dangereux, les autres augmenter leur membership et quant aux politiciens, ils veulent se faire élire à n’importe quel prix. Je dépose, votre Honneur, la pièce à conviction du moment : Justin Trudeau.

Cela dit, la meilleure des meilleures est celle qui justifierait de retarder le port du masque obligatoire à Montréal, ne serait-ce que dans les transports en commun. Comprenez-moi bien. N’étant pas spécialiste (et même les spécialistes ne semblent pas s’entendre entre eux), je n’ai aucune sapré idée de la valeur d’une telle proposition.

Ce qu’on sait toutefois, c’est qu’il faut sortir les Montréalais de ce merdier. Et quand une situation semble désespérée, il faut sortir toutes les armes de l’arsenal. La situation est-elle si désespérée à Montréal? Lorsque les vrais bilans sortiront, qui sait? Certains racontent même que le décompte des décès 2020 n’est pas si éloigné de celui de 2019. Mais qu’importe. Psychologiquement, les gens sont atteints, et dans un certaine mesure, se refusent à un retour à la normalité, ne serait-ce que progressivement. Ce faisant, ils refusent ce retour à l’ensemble du Québec.

Oui, on peut débattre dans quelle mesure Montréal est véritablement atteint mais ce qui est certain, c’est qu’émotivement, les gens y sont affectés presqu’à un point de non retour. Impossible d’imaginer un retour en classe, impossible d’imaginer une réouverture des commerces sans se faire traiter d’allié des Chambres de commerce! Quessé ça, M. Legault? La question de Dominique Anglade hier était parfaitement justifiée. Les commerçants méritent qu’on les écoute. Leur gagne-pain, la vie de leur famille et de celle de leurs employés en dépend. Ce n’est pas encore tout le monde qui reçoit une paie des multiples niveaux de gouvernements et d’institutions publiques. Du moins, pas encore. Votre modèle québécois ne fait pas encore vivre tout le monde (!).

Mais revenons au port du masque et à l’argument qui porte sur l’équité. Voici comment l’articule le Dr Arruda, le premier Ministre et la mairesse de Montréal. « Si on ne peut pas le rendre disponible à tout le monde, nous disent les autorités, eh bien, on ne peut pas l’obliger. Ce qu’on ne veut pas, nous dit la mairesse, c’est de créer 2 classes de citoyens. » Comprenons par là que les pauvres n’auraient pas les moyens de s’acheter des masques.

Bon. Réfléchissons deux secondes. On nous dit (jusqu’à ce que ça change…) que le port du masque ne protège pas tant celui qui le porte mais LES AUTRES!

Donc, si le méchant « riche » porte un masque, il protège davantage la pauvre que lui-même, non? Alors où est l’iniquité, dites-moi?

L’argument de l’équité ici est tellement un réflexe du modèle québécois qui dit prôner la justice sociale, les bons sentiments et l’égalité, qu’il est pratiquement un virus en lui-même.

Si certains citoyens ne peuvent se permettre d’obtenir gratuitement (ah oui! Il faut que ce soit gratuit!), pourquoi se refuser à adopter une mesure qui, dans le monde, semble faire consensus.

En bon québécois, s’il faut être malade, ben tu peux être certain qu’on va s’organiser de distribuer également cette maladie, même si dans ce cas précis, on protègerait davantage les plus vulnérables si on incitait davantage les gens qui peuvent se procurer un masque de le porter. C’est fou, avouez.

Pas d’équipement, pas de masques, du personnel qui tombe ou qui disparaît, des bureaucraties débilitantes, des mouvements de personnel qui propagent le virus plutôt que de le contenir et là, vous me servez l’argument de l’équité dans la distribution des masques?

Vous êtes sérieux, là?

Finissons-en avec Montréal. Faites ce qu’il faut, bon sang. La crise sanitaire qui s’éternise, s’éternise parce qu’il n’y aucune solution qui aurait pu s’appliquer. L’État québécois n’y a pas vu. Dans le passé, il a préféré nourrir la bête, distribuer des programmes, et faire payer la population active avec un taux d’imposition le plus élevé de l’Occident… ou presque. Je n’ai personnellement besoin d’aucune commission parlementaire pour me dire ce qui n’a pas fonctionné.

Et là, je dois un peu quand même verser dans l’ironie. Parce que ce qu’on observe, on le mérite. Presque. Vous voulez un gros État? Une centralisation des pouvoirs, des administrations, des directions? Des systèmes mur à mur? Eh bien, faut faire avec, comme on dit. (Pièce à conviction numéro 2, votre Honneur: voyez comment les écoles privées ont pu s’adapter facilement aux contraintes de l’heure) Voici donc la récolte de notre incapacité à imaginer autre chose qu’un État supposément bienveillant qui veillera à nous protéger de tout et son contraire.

Joseph Facal et d’autres chroniqueurs s’interrogent ces temps-ci sur ce qui changera après la pandémie. Changerons-nous et comment, est la question. Mais qui est le « nous »? Je tente une réponse. Si le « nous » est l’État québécois, la réponse est non. Rien ne changera.

Mais si le « nous » est le Québécois, celui qui se démène aujourd’hui pour ramasser les miettes de son entreprise, celui qui se demande si son emploi dans le privé existera encore en septembre, celle qui se propose pour se retrousser les manches et s’offrir dans les milieux chauds, l’enseignant qui s’habille en super-héros pour calmer l’anxiété des jeunes en classe, et bien, ce « nous » là sera encore plus convaincu qu’il n’y a rien à attendre des gouvernements qui le saignent à blanc, c’est le cas de le dire.

Et c’est mon souhait qu’il se méfie autant que moi des discours bienveillants basés sur l’équité et la solidarité sociale. Tout ça n’existe pas. Même quand on parle de masques.

7 réflexions sur “Port du masque et Équité: vous êtes sérieux, là?

  1. Bonjour Joanne,

    Bien content de vous revoir active.

    L’argument d’équité est ridicule et à même été ridiculisé par la gauche montréalaise. Après tout, les serviettes hygiéniques sont obligatoires (m’enfin) et ne sont pourtant pas gratuites. Disons cependant que dans leur cas, c’est davantage parce qu’ils veulent des tampons gratuits qu’ils s’élèvent aujourd’hui en critique…

    Mon gros bug personnel en tant que Montréalais est très temporaire et réside dans la difficulté à trouver les dits masques. Oui bien sûr, je pourrais me mettre un bas autour du visage, mais entendons-nous que le problème reste entier et que la dernière fois que j’ai tenté de me mettre un foulard dans la face, je me suis retrouvé à le replacer (donc me toucher le visage) aux 5 minutes. Les masques ne sont pas obligatoires parce qu’il n’y en a pas suffisamment pour tout le monde, soyons honnête. Pourquoi est-ce qu’il n’y en a pas pour tout le monde? Vous me dites qu’un gouvernement aussi planificateur n’a jamais prévu de pandémie ou de crise sanitaire un peu plus majeure (HUMHUM, SRAS, MERS…)? On oublie aussi le stock techniquement sous clefs qui « disparaît » dans les hôpitaux depuis mars. Des employés voleurs? Que nenni! C’est plus facile de trouver aujourd’hui un masque à Téhéran qu’à Montréal (comparaison vérifiée et malheureusement véridique).

    Le reste est simplement du verbiage « porteur » sorti par les spin doctors. Mettons comme fermer une centrale nucléaire pour des raisons écologiques et économiques pour ensuite investir en éoliennes…

    Personnellement, j’ai l’impression que l’après va ressembler métaphoriquement à la sortie d’un bunker après un bombardement. Les entreprises qui vont mourir, des modèles d’affaires obsolètes, l’immobilier en déclin, des habitudes sociales complètement changées…

    Que sera sera… whatever will be will be… qui revient.

  2. Vous venez d’écrire tout ce que je pense, depuis des années, sur la centralisation du gouvernement. Mon souhait le plus cher est que les québécois se reveillent enfin et posent des gestes concrets pour réétablir une vraie démocratie. Qu’on se débarrasse des politiciens égoïstes qui ne travaillent que pour leur portefeuille et leur gloire. Qu’on reparte en neuf… (même si je pense que c’est impossible, malheureusement) pour un avenir meilleur où nos enfants pourront en profiter!

  3. Joanne,

    Excellente réflexion.

    Quand le remède est plus toxique que le virus, c’est que nos dirigeants sont incompétents et ne méritent pas leur salaire.

  4. C’est ce qui arrive avec le nationalisme québécois et le repli sur soi qui en découle! Les Québécois s’informent « exclusivement » dans les médias francophones. Et il est clair que la classe médiatique francophone de souche est très indulgente envers tout gouvernement nationaliste alors qu’elle sait être intransigeante envers tout gouvernement fédéraliste au pouvoir.. Quand un journaliste québécois anglophone fait une trop bonne job il se fait rabrouer par le PM Legault en pleine conférence de presse!! Aaron Delfell, pour ne pas le nommer, écrit ce matin une opinion des plus pertinente sur la gestion de la pandémie dans les CHSLD de Montréal. Il compare avec pertinence cette situation à celle vécue par les passagers du « Diamond Princess ». On a décidé collectivement de mettre dehors le PLQ alors que Carlos Leitao avait réussi à sortir le Québec de « dans l’rouge ». On a choisi de donner le pouvoir à
    la CAQ qui a surfé sur un nationalisme à la péquiste.. On dénonce les dépenses démesurées du gouvernement Trudeau mais, si la tendance se maintient, le gouvernement Legault et son nationalisme interventionnisme, via investissement Québec, soulèvera de plus en plus l’ire de ceux qui ont voulu donné la chance au coureur.. J’apprends que le gouvernement Legault retarde à l’automne l’ouverture des écoles à Montréal. Il n’avait pas le choix! Ils ont joué avec les chiffres pour minimiser l’ampleur de la propagation à Montréai et les faits les rattrapent.. L’avenir du Québec, à mon avis, sera à l’image de son passé et sera encore et toujours prisonnier de l’idéologie indépendantiste. Je ne vois pas de lumière au bout du tunnel.. L’émotion va encore et toujours l’emporter sur la raison! Par contre, il y a pire endroit au monde à vivre!

  5. https://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/deces-mortalite/index.html aller donc consulté ce site des statistique du gouvernement 68,600 mort en 2018-19 et oui des mort yen a beaucoup a tout les ans, et la on nous arrive avec plus de 4,000 mort en 3 mois faite le calcul bon ans mal ans plus de 5,000 mort par MOIS, A VOUS DE JUGÉ. tout ceux qui son décédé la plupart des personne âgé quelle était leur espérance de vie? mes condoléance au famille des disparus mais il est important de posé la question, le fédéral a dormi su la switch comme on dit il on fermé les frontière avec plus de 2 mois de retard voila une parti du résultat, le virus sera pour resté tout comme la grippe saisonnière faudra sy faire en commençant des maintenant a déconfinée le mal est fait et rien ny changera rien.

  6. Il n’y a pas grand à ajouter et rien à corriger sur votre exposé. Votre phare  » L’argument de l’équité ici est tellement un réflexe du modèle québécois qui dit prôner la justice sociale, les bons sentiments et l’égalité, qu’il est pratiquement un virus en lui-même. » résume bien votre texte. Donc donner des masques à ceux qui n’iront pas travailler.
    Je demeure dans la région de Lanaudière et j’ai bien compris le message de la Mairesse Mme Plante que ma spéciale taxe doit aussi contribuer à mieux supporter le transport incluant des masques gratuits à Montréal.
    Il est bon de voir ce qui se fait ailleurs, les Suisses similaire avec 8 millions d’habitant, eux aussi ils ont été à court de masque alors en plus d’en acheter des Chinois, ils ont acheté 2 systèmes complets pour en fabriquer avec les tissus reconnus et fonctionnels en moins de 2 semaines. Donc aujourd’hui ils produisent 200,000/jour et chaque citoyen par adresse peut obtenir une boîte par semaine. évidemment tout est suivi sur logiciel. Ils vont sauver des millions en un an. Ici nous jonglons qui pourraient en fabriquer en tissu,,, après la crise nous devrons revoir notre indépendance,,, !!! C’est comme demander aux pompiers de sauver la base en ciment.
    En écoutant la conférence à Montréal de 13 heures, tous(tes) flottaient comme sur un nuage entre eux (elles), alors j’ai éteint le tout ,,,,,,,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s