Nationalisez les CHSLD; privatisons les écoles de la CMM!

Il y a eu l’épisode « On manque de masques toutes catégories confondues», puis « On manque de jaquettes », « On manque d’écouvillons et/ou de réactifs pour les tests ».

« Houston, we have a problem » d’approvisionnement. On aurait pu s’attendre à ce que les multiples rapports de nos gouvernements suite à l’épisode du SRAS en 2002/2003 aient produit autre chose que du papier mais coudonc. Il s’avère que le SRAS a traumatisé bien davantage les asiatiques que nous. De leur côté, stratégies payantes mises en place lorsque survient la Covid-19; du nôtre, des rapports de commissions d’enquête canadienne et ontarienne qui ont depuis été archivés.

Faites une recherche sur « Commission d’enquête SRAS » pour le fun. Vous allez comprendre pourquoi il est difficile d’encourager une Xième Commission d’enquête sur la Covid-19. Les problèmes et les solutions, on les connaît. Voilà pour ça.

Cela dit, nous en sommes maintenant à l’épisode « On manque de personnel dans les hôpitaux, dans les CHSLD, pour faire des tests et pour faire des enquêtes épidémiologiques »,  «On s’est rendus compte qu’il n’y a pas de patrons dans les établissements », « les préposés ne sont pas suffisamment payés », « les agences de placement ont accentué la mobilité du personnel dans les établissements », etc.

« Le grand défi, c’est le personnel », nous dit le premier Ministre.

Mais bien sûr que c’est le personnel! Mais une fois qu’on a dit ça, peut-on blâmer ceux et celles qui veulent s’extirper des méandres bureaucratiques et des heures supplémentaires obligatoires? Non. Les agences de placement ne sont pas LA CAUSE des problèmes. Les agences de placement sont LES EFFETS d’un régime qui expectorie clause après clause de conventions collectives qui empêchent toute Direction et équipe de soins d’avoir la moindre marge de manoeuvre. Obligez le personnel à réintégrer « le réseau public » et vous verrez le manque de personnel s’accroître.

C’est fou comme cette pandémie révèle au grand jour les problèmes structurels d’un système de santé que les autorités gouvernementales vénèrent, défendent et nourrissent à coups de milliards. En échange de quoi? Même en temps normal, des heures d’attente aux urgences et du personnel qui déserte le réseau public pour aller vers des agences de placement qui leur assureront une meilleure qualité de vie (lire « pas de temps supplémentaire obligatoire »). Alors imaginez en temps de pandémie.

« Il n’y a pas de patrons dans les établissements », se désole le PM. Bien sûr, qu’il n’y a pas de patrons! Ils feraient quoi, ces patrons? C’est quoi la vie d’un patron dans un système pareil, si ce n’est pas de passer la majeure partie de son temps à gérer clauses de convention collective, griefs, et tout ce qui vient avec la culture syndicale?

Je le sais que ça fait simpliste de tout ramener ça aux syndicats. Mais c’est ça pareil!

Voyons ce qui s’est passé dans les écoles privées, là où il y a véritablement des patrons. Le lendemain ou presque de l’annonce du confinement, elles s’étaient organisées. Le réseau public hors-CMM ? Les enseignants se sont démenés et n’ont pas abandonné leurs élèves.

Le réseau public de la CMM, là où gouverne Sylvain Mallette et ses semblables? En clair ? Les syndicats ont gagné. Aidés par une sortie de l’Institut national de la santé publique qui publiait sournoisement des scénarios catastrophes (commande de Arruda ?), le PM s’incline et oublie tout le plaidoyer des spécialistes de l’enseignement. Encore une fois, les plus vulnérables écopent.

Quand le très estimé Égide Royer croit que les écoles du Québec devraient au moins (au moins !) avoir le même niveau de service que l’Ontario et qu’elle devraient se rapprocher de ce que les écoles privées font, ce n’est pas rien. Quand les pédiâtres du Québec pleurent leur vie suite à la décision du gouvernement de fermer les écoles de la CMM jusqu’en septembre et même d’envisager un retour virtuel en septembre. Quand toute donnée probante existant à l’heure actuelle est à l’effet que les jeunes ne sont pas plus en danger de la Covid-19 que de la grippe, bon sang, peut-on s’étonner qu’une certaine proportion de la population soit confuse face aux décisions récentes du gouvernement ?

Mais sur quoi vous basez-vous ? Ne rêverait-on pas d’avoir un gouvernement qui base ses décisions sur des données probantes. La « science » ne peut pas être une source d’inspiration à sens unique, non ? Pourquoi quand la « science » invite à une certaine ouverture, on hésite à en faire part? Probablement parce qu’il faut percer le mur de la résistance syndicale.

Le premier Ministre songe à « nationaliser » les CHSLD privés. Les patrons des CIUSSS lui auraient fait valoir qu’il était difficile pour eux d’imposer des contraintes au personnel de ces institutions. Ces employés doivent être des employés « du public », semble-t-il. Comme si les patrons des CIUSSS avaient une once de crédibilité pour ce qui est de gérer leur personnel… (Sourires et rires sont permis ici)

Alors, on fait un « deal », OK ? On nationalise les CHSLD et on privatise les écoles de la CMM. Des patrons dans les écoles privées, y’en a et ça marche. Si vous êtes cohérents juste une seconde, si vos décisions sont rationnelles et basées sur des données probantes, si l’éducation est vraiment une valeur fondamentale qu’on doit défendre à tout prix, voilà une véritable solution durable. Un beau « projet de société », comme certains aiment le dire. Vous pouvez pas dire que je ne suis pas en mode « solution », là…

On est « game » ?

En complément:

Distanciation chez les petits: « On va en faire des morts-vivants »  Dr Chicoine

Grands oubliés de la pandémie: plaidoyer du Dr. Julien pour le déconfinement des ados.

 

Distanciation chez les petits: «On va en faire des morts-vivants» – Dr Chicoine

2 réflexions sur “Nationalisez les CHSLD; privatisons les écoles de la CMM!

  1. Joanne,

    Comme d’habitude une très belle réflexion.

    En ce qui me concerne, je suis complètement contre la nationalisation des organisations. En général, tout ce qui est dans les mains des gouvernements (à tous les niveaux) n’est pas rentable, efficaces et surtout imputable. On y retrouve plus de gestionnaires que de travailleurs.

    Si on se fiait à la gestion des finances publiques de nos gouvernements pour gérer nos budgets familiaux, imaginez-vous le désastre…

    http://www.debtclock.ca/provincial-debtclocks/quebec/

    http://www.debtclock.ca/

    Comme dans toutes les organisations performantes, ça prend des objectifs et échéanciers clairs, des responsables bien identifiés et surtout excessivement imputables pour leur bonne ou mauvaise performance.

    En ce qui concerne nos politiciens, on devrait les obliger à clairement identifier, dans le temps, la réalisation de leurs promesses électorales et dès qu’ils ne réalisent pas celles-ci les relever immédiatement de leur poste. Je vous garanti que les promesses électorales seraient plus songées et moins superflues.

    Je sais, je rêve mais pourquoi pas ?

  2. La pandémie révèle du Québec une image pas aussi jolie d’une société qui se voulait distincte!
    D’abord, le sort questionnable réservé à nos aînés « mais aussi » à nos enfants. Comment expliquer le nombre effarant d’enfants vulnérables?? Qu’autant d’enfants doivent compter sur l’école pour manger à leur faim à un point tel que les pédiatres du Québec font consensus pour un retour hâtif à l’école? Pendant ce temps, l’ordre de pédiatres des autres provinces partagent une opinion contraire. Les autres provinces canadiennes gèrent mieux la pandémie que le Québec et les résultats parlent d’eux-mêmes.
    La science maintenant. Ce n’était pas la tasse de thé de Stephen Harper.. Sous son règne, les recherches scientifiques ont connu un recul.. On assiste depuis quelques années à un retour du conservatisme à la Duplessis.. La bigoterie reprend ses droits.
    Ici, au Québec, quand François Legault avoue son penchant pour la défunte Union Nationale (la photo de Duplessis trônait dans le salon de son enfance) et qu’il dit avoir beaucoup apprécié le livre de Mathieu Bock Cöté « Politiquement correct », il ne faut pas se surprendre de sa réflexion sur la nationalisation des CHSLD. Depuis son élection, il a démontré un penchant certain à centraliser le pouvoir.
    Et pendant ce temps, Québécor s’active encore et toujours pour la République en devenir via une armada de chroniqueurs purs et durs.. Le journal d’aujourd’hui est un parfait exemple de leur mission indépendantiste. PKP, quant à lui, tisse sa toile dans sa boulimie d’achats de faillites québécoises.. Quand une Nathalie Elgrably, sur le CA de TVA, fait une profession de foi nationaliste. ça en dit long sur la perversion de la vision libertarienne.
    Voici mon portrait du Québec en ce moment et je pense qu’on n’en a pas fini de tourner en rond!

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