Mon grain de sel sur le débat Netflix

Certains associent le concept d’utilisateur-payeur au concept de taxation. « Il faut taxer Netflix; sinon, c’est incohérent », disent-ils. Pour eux, le concept d’utilisateur-payeur INCLUT nécessairement le droit de taxer. Pour eux, si on est « à droite », il faut taxer les utilisateurs de Netflix parce que sinon, on passe à côté d’une belle occasion de ramasser des recettes fiscales pour subventionner AUTRE CHOSE, soit la « culture canadienne ».

Erreur.

Le vrai concept d’utilisateur-payeur impliquerait que les utilisateurs de Netflix paient pour Netflix et que les utilisateurs d’autres diffuseurs (ou productions) paient pour ce qu’ils consomment, eux aussi.

En effet, dans le cas qui nous occupe, Netflix paie pour ses productions. Elle n’a pas besoin de fonds gouvernementaux pour le faire. Elle ne demande rien aux gouvernements et aux autres contribuables. Les utilisateurs de Netflix sont les seuls à payer. Ils n’exigent rien des autres payeurs de taxes. T’es abonné à Netflix? Tu paies. Tu ne l’es pas? Tu ne paies pas. Ça, c’est le concept d’utilisateur-payeur.

Taxer Netflix (ou tout autre producteur de contenu ou diffuseur), c’est autre chose. C’est de dire « On va taxer à peu près tout ce qui bouge pourquoi? Pour que le gouvernement ait plus d’argent pour subventionner d’AUTRES productions canadiennes ». Et si le gouvernement veut subventionner la « culture canadienne », eh bien, oui, il appartient à l’ensemble des payeurs de taxes et d’impôts de voter et de payer pour ça.

Taxer Netflix (ou tout autre producteur de contenu), cela relève donc d’une politique fiscale qui vise à augmenter les revenus du gouvernement qui LUI, veut subventionner d’autres producteurs et productions canadiennes, dans ce cas-ci.

Taxer un service, sous prétexte que ce service n’est utilisé que par certains utilisateurs, n’est jamais « de droite ». Rien à voir. Je vais me répéter, mais cela a à voir avec une politique fiscale qui veut que le gouvernement saisisse toutes les occasions possibles d’engranger des revenus.

Pourquoi? Pour décider à notre place quels services on veut. Et pour décider quels fournisseurs encourager, subventionner ou plutôt décourager et tuer dans l’oeuf.

Bref, la seule cohérence recherchée ici est celle d’augmenter les revenus de l’État. Et ça, on connaît ça. Des défenseurs de la taxation et de l’augmentation de l’État-obèse, il n’en manquera jamais.

Le concept d’utilisateur-payeur est donc indépendant du concept de taxation. L’un ne doit pas nécessairement exiger l’autre. Sauf dans un monde où on croit que la seule cohérence possible est celle de taxer tout le monde. Pour tout. Même ce qui ne nécessite aucune subvention gouvernementale.

Le camp de la vertu

Très bon texte de Mathieu Bock-Côté ce matin. J’ajouterais cependant que la source de l’étouffement dont il parle n’est pas tant l’obsession multiculturaliste mais bien une espèce de pureté dangereuse et moralisatrice qui contamine à peu près tous les débats. Encore que le mot « débats » est trop fort. En réalité, on ne débat plus.

S’il fut un temps où on devait produire des arguments raisonnés et raisonnables, basés sur des données probantes, ce temps-là n’existe à peu près plus. Aujourd’hui, il suffit de se camper dans le camp du « bon », dans le camp d’une moralité vertueuse pour clore la discussion. Il y a donc des camps vertueux (ex: anti-sacs-de-plastique qui interdisent la publication d’un rapport qui remettrait en cause les hypothèses des militants) et des camps qu’il faut remettre à leur place, discréditer, faire taire, insulter et tout le reste.

 

Quel que soit votre positionnement idéologique (gauche, droite, centre), on a la certitude d’être dans le camp des « bons » et on se donne le permis de verser dans la facilité. Pas mal plus facile de dire « T’es un con ignorant et dangereux » que de dire « Laisse-moi t’expliquer mes raisons », non?

C’est donc l’idéologie de la vertu dangereuse qui caractérise notre époque bien plus que les enjeux eux-mêmes: vertu du politiquement correct, vertu écolo, vertu de la « politique du coeur », vous vous souvenez de ça? etc.

Alors on réécrit l’histoire pour nous donner bonne conscience et éradiquer ce qui peut choquer les esprits de notre époque mais qui pouvait se comprendre dans un contexte historique qu’on ne prend même pas la peine d’apprivoiser.

Les défenseurs de la liberté ont de quoi être inquiets. Mais qu’on ne se surprenne pas. Les obsessifs de la vertu et de la bonne conscience en attirent d’autres… et, en bout de piste, ce n’est peut-être pas les techniques moralisantes et moralisatrices des « inclusifs » qui produisent le plus d’inclusion.

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L’axe identitaire à fond la caisse

Plus j’y pense, plus je réalise que le PLQ de Philippe Couillard a décidé d’adopter les stratégies du PQ avec sa charte un an avant une élection. À fond la caisse sur l’axe identitaire. Qui sommes-nous? Ouverts ou racistes? Multiculturalistes ou xénophobes? Inclusifs ou exclusifs? Généreux ou méfiants de « l’étranger » qui ne nous ressemble pas? Oppositions simplistes, mais oh combien payantes à la fois pour acheter des votes, vendre de la copie, augmenter ses cotes d’écoute, nourrir nos fans sur les réseaux sociaux.

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Merci… et à une prochaine!

Un bilan

Depuis maintenant 15 ans, j’observe de très près la scène politique québécoise. Après avoir milité à l’ADQ (2003-2007), réalisé L’Illusion tranquille (2006), participé à la Commission Castonguay sur le financement des services de santé (2007-2008), cocréé le Réseau Liberté-Québec (2010-2013) et écrit Pour en finir avec le Gouvernemaman (2011), j’avoue être assez fière de ma contribution citoyenne.

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CHRONIQUES: Coiteux, Mulcair, Hamad, etc.

Dernières chroniques:

Mercredi 13 avril – Coiteux traite d’anarchiste le groupe contre le registre des armes à feu. Ma réaction et solide saute d’humeur

Mardi 12 avril – La Voix, Mulcair + un article du Herald de Halifax qui disparaît mystérieusement. Serait-ce parce qu’on y parle d’agressions d’immigrants syriens?

Mercredi 6 avril – Denis Julien avec Éric Duhaime sur les Panama Papers

Mercredi 6 avril –  Top20 sur Twitter QC et Canada + les Loïc Tassé de chez-nous. Surprenant…

Mardi 5 avril – L’affaire Sam Hamad

Mardi 5 avril – Panama Papers + déroute des libéraux de Philippe Couillard